Replacer le graphique dans son contexte

Récemment sur le site de « The Economist », un article présentait l’impact des récessions sur les flux migratoires aux Etats-Unis. Cet article était accompagné d’un graphique visant à illustrer le propos mis en avant. Il a été élaboré à partir d’une série temporelle (1882-2007) récapitulant le nombre de personnes ayant obtenu chaque année le statut de résident permanent aux Etats-Unis – source US Department of Homeland Security. NB : probablement en milliers car l’unité de mesure du graphique n’est pas mentionnée.

Flux migratoire et recessions aux Etats-Unis

Flux migratoire et recessions aux Etats-Unis

Comme nous sommes actuellement dans un contexte de crise, The Economist a rajouté sur ce graphique des informations contextuelles rappelant les périodes de récessions. Ces années « noires » sont matérialisées par des histogrammes verticaux de couleur bleue.

Ce graphique m’a laissé à la fois perplexe et avec le sentiment d’avoir été abandonné au milieu du gué. L’ajout d’une information secondaire (ici la nature de la période : croissance vs récession) doit normalement me permettre de mieux comprendre l’information primaire représentée.

Ici cette indication visuelle des périodes de récession ne me donne qu’un rappel historique, sans expliquer les variations de la série principale. En effet, contrairement aux propos de l’article, les récessions des périodes 1895-1905  ainsi que celles entre 1910-1914 ou encore au début des années 1980 ne donnent pas l’impression d’avoir fait fléchir de manière significative la courbes des demandeurs de cartes de résidents permanents.

L’apprentissage de l’excellence graphique et des bonnes pratiques telles que décrites dans « Convaincre avec des graphiques efficaces » est une démarche constante. Il est toujours intéressant de regarder ce que l’on peut retirer d’une représentation même si nous ne partageons pas les principes retenus.

De ce graphique, je retiens les approches suivantes :

  • Ajouter visuellement des informations historiques contextuelles dès lors que cet apport est pertinent et qu’il vient conforter le propos ou la conclusion de l’analyse.
  • Simplifier la lecture des libellés de l’axe chronologique :
    • Seule la première année  et les débuts de siècles sont représentés en 4 digits
    • Les marqueurs des décennies sont doublés, ce qui permet de mieux structurer l’axe

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