Bonne pratique n° 22 - Ne pas simplifier à outrance

Récemment dans un grand quotidien, la « Une » présentait en accroche d’un article un graphique retraçant l’évolution du CAC 40 sur …. En voici une reconstitution :

Version originale sans cadre de référence

Version originale sans cadre de référence

Epurer les représentations graphiques pour obtenir un bon niveau de concentration d’information (le ‘data-ink’ ratio d’Edward Tufte) est une bonne pratique. Comme pour toute bonne pratique, il faut savoir déterminer le juste nécessaire par rapport à une situation donnée.

Dans le cas présent, l’épuration est allez trop loin. En tant que lecteur, je ne suis pas capable de me raccrocher à un cadre de référence.

Ne pouvant pas « voir » d’éléments capable de me donner des points de repère essentiels à la lecture du graphique (date de début - date de fin pour l’axe du temps, origine et échelle de l’axe des ordonnées), ma première impression fut une certaine méfiance… Que pouvait-on nous cacher ?

L’absence totale de ces repères visuels ne me permettait pas de juger si un quelconque effet avait été appliqué pour dramatiser la situation. L’ajout d’un axe avec la visualisation de l’origine, le point zéro, me donne une toute autre lecture.

Avec l'axe des ordonnées, une toute autre lecture

Avec l'axe des Y, une toute autre lecture

La chute est de 5%, ce qui pour le CAC est une variation significative. Cependant en prenant un peu de recul, cette évolution paraît moins « dramatique » que la première impression à la lecture du premier graphique… Et encore, nous n’observons ici qu’une très courte période…

PS : cette bonne pratique s’ajoute aux autres décrites dans l’ouvrage “Convaincre avec des graphiques efficaces”

EDIT - Claude Aschenbrenner qui anime l’excellent site SerialMapper me faisait remarquer l’abscence de l’axe des X dans le graphique “corrigé” ainsi que “l’abîme sous les 3000 points” qui pourrait se révéler très anxiogène pour le lecteur et que l’on peut corriger à l’aide d’un zoom sur une bande passante de l’axe des Y entre 2000 et 4000 points.

Je rejoins Claude sur le premier point, un graphique complètement revu pourrait mentionner l’axe des X sous la forme d’une ligne (dans un respect minimaliste des conventions).

Quant à la question de l’affichage ou non de l’origine sur l’axe des Y - ce qui provoque ici un tassement - elle doit être étudiée à l’aune du respect des données. En ce sens où si l’on décide de s’en affranchir, on ne doit pas élaborer un graphique qui, par construction visuelle, amplifie outre mesure les variations des données représentées.

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