Suivre des évolutions via une carte d’activité (Heatmap)

Si l’on souhaite avoir une vision instantanée de l’évolution de l’ensemble des composants d’un « univers cohérent », la carte d’activité (ou « Heatmap » en VO) propose un cadre de restitution graphique compact et efficace.

Récemment, le Financial Times l’a utilisé pour représenter l’évolution des dividendes versées par les sociétés composants l’indice phare FTSE 100.

Heatmap du Financial Times

Heatmap du Financial Times

La version interactive est accessible ici et se présente sous la forme d’une mosaïque de couleur avec trois niveaux d’information :
• Rouge : évolution négative du ratio dividende / cours
• Orange : aucun changement du ratio dividende / cours
• Vert : évolution positive du ratio dividende / cours

Le pourcentage exact de l’évolution est disponible en passant le curseur sur l’un chacun des carreaux. Cette donnée est complétée par l’affichage des informations ayant permis de construire la structure (nom de la société, secteur d’activité, cours 2009 / 2008, dividende 2009 / 2008).

L’ensemble est à première vue assez plaisant et donne envie de jouer avec. Quelques bémols cependant: le choix du cadre structurel et le choix des couleurs.

Premièrement, la structure sous-jacente cette « Heatmap » n’est pas visible. Ainsi les sociétés d’un même secteur sont disséminées sur l’ensemble de la mosaïque. Par exemple pour les sociétés pétrolières, BG Group est localisée en référence C6 (si l’on utilise une analogie avec Excel) tandis que Cairn Energy est localisée en H1.

Ce choix complique l’appropriation par le lecteur qui ne serait intéressé que par une fraction de cet univers et qui devrait par conséquent faire plusieurs tentatives pour identifier les acteurs d’un même secteur et être à même de se faire sa propre synthèse. Le cadre rectangulaire d’une « Heatmap » n’est après tout qu’un des cadres possibles, libre à chacun d’en concevoir de nouveaux …

Deuxièmement, le choix des couleurs (Rouge, Orange, Vert) bien que classique n’est pas le plus approprié pour un lecteur Daltonien. Il sera difficile pour les personnes atteint de ce problème de vue d’exploiter correctement ce graphique. Là encore, le choix d’une convention traditionnelle prouve que l’on ne s’est pas assez intéressé aux futurs lecteurs.

Ce qu'en voit quelqu'un ayant une deutéranopie (forme la plus fréquente du daltonisme)
Ce que voit une personne atteinte de Deutéranopie, la forme la plus courante du Daltonisme

Aujourd’hui, concevoir ce type de représentation ne pose plus guère de problème avec les outils bureautiques disponibles mais l’on ne voit que trop rarement son utilisation en dehors des domaines relatifs à la finance.

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