Créativité : Dépasser la fixité fonctionnelle

En psychologie, la fixité fonctionnelle fait partie des biais cognitifs qui nous empêchent d’innover. Découverte par Karl Duncker et brillamment expliquée dans son test de la bougie, elle démontre notre relative incapacité à penser autrement. Dans notre rapport au monde, nous avons du mal à imaginer une autre finalité pour un objet que son usage habituel. C’est notamment pour cette raison qu’il est si difficile de se déclarer créatif à une heure donnée.

Dans ce test, nous sommes confrontés à table sur laquelle sont disposés une boite d’allumettes, une bougie et une boite de punaises. Notre tâche est de trouver un moyen de fixer la bougie sur un tableau de liège sur un mur sans que la cire ne puisse dégouliner sur la table ou le sol…

La plupart des personnes expérimentent avec plus ou moins de succès des réponses peu appropriées par manque de créativité… elles restent scotchées dans l’utilisation traditionnelle des différents éléments fournis.

Et pourtant nous avons besoin de cultiver cette créativité, que ce soit pour innover en Datavisualisation, trouver la meilleure manière de présenter nos éléments en Storytelling ou bien concevoir de supports de présentations percutants.

Il existe plein de techniques pour faciliter l’appropriation d’une problématique par un groupe et le mettre dans une pleine dynamique de brainstorm créatif. L’effet même du nombre de participants permet de déclencher des réactions que nous aurions du mal à générer en solo.

Pour ceux en revanche qui doivent trouver par eux-mêmes leurs nouvelles idées, imaginer de nouvelles solutions, il existe une issue : laisser du temps au temps. Adamson & Taylor, 2 autres psychologues, ont prouvé que laisser du temps entre 2 répétitions des tests de fixité fonctionnelle améliore notre capacité de résolution innovante.

C’est pour cette raison que lorsque je dois m’atteler à la résolution de tout nouveau problème, je me laisse un temps de “digestion” et “d’incubation” avant de démarrer les travaux. Cette phase d’appropriation, qui peut s’aider d’une formalisation de type mindmap et des techniques de Dites-le en images : Des idées ? Un crayon ! permet de décanter la problématique tout en utilisant les capacités de notre inconscient.

Et vous, comment favorisez vous votre créativité ?

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3 Comments

  1. Bonjour et merci pour cet article !!
    C’est vrai que ce concept de fixité fonctionnelle opère en continu et à notre insu ! Et en même temps il est 100% nécessaire dans les organisations, avec des situations de “pilotage automatique” qui s’appuient sur des routines de fonctionnement. Avec Le Mind Mapping ou d’autres pratiques de facilitation visuelle, je propose de sortir d’une vision “industrielle” de l’information. Quelques mots clés, images, bien calibré, et avec lesquels j’entretiens déjà une certaine intimité…et cela suffit à lancer le processus. Des capteurs vis à vis des informations présentes et manquantes (identifiés !) qui vont attirer de nouveaux territoires d’images, de mots, de sons. Bien sûr il faudra peut-être passer par une phase d’expansion et produire beaucoup d’idées, mais sur des axes / contextes qui seront un meilleur cadre d’accueil. Au plaisir de poursuivre. Denys.

  2. Le raisonnement Valeur(s) à la base de nombreuses méthodes d’optimisation permet de dépasser presque facilement la ‘fixité’ fonctionnelle, pour imaginer des solutions alternatives ET optimales à la solution à améliorer.

    Si l’on souhaite optimiser une solution existante, le 1er point est de répondre à la question “à quoi ça sert ?” AVEC les parties prenantes concernées (utilisateurs et autres). Cette ‘analyse fonctionnelle’ (sic) permet de leur faire exprimer les performances attendues, indépendamment de solutions.
    Dans cet exercice, c’est le point de départ : “Notre tâche est de trouver un moyen de fixer la bougie sur un tableau de liège sur un mur sans que la cire ne puisse dégouliner sur la table ou le sol”.

    Mais attention à séparer les différents besoins, ici exprimés en une seule phrase ! Il s’agit de :
    > fixer la bougie sur un tableau de liège sur un mur
    > protéger la table et le mur de la cire dégoulinant de la bougie

    La 2e étape du raisonnement valeur(s) est de répondre à la question “que suffit-il (pour répondre à chacun de ces besoin)?”, à nouveau avec les parties prenantes concernées (qui sont alors plutôt des fournisseurs potentiels que des utilisateurs)

    Le point important est de répondre d’abord indépendamment pour chacun des besoins, sans tenir compte des autres ! Puis de combiner ces solutions optimales pour répondre à tous les besoins exprimés.

    Essayons :
    > que suffit-il pour fixer la bougie sur un tableau de liège sur un mur ?
    - fondre la bougie sur le mur ? pas sûr que ça tienne
    - fixer la bougie avec une punaise ? peut-être en réduisant l’épaisseur de la bougie …
    - avoir un tableau de liège fixé horizontalement sur le mur ? ce n’est pas précisé dans l’énoncé …
    … pas sûr d’ovin trouvé une solution
    > que suffit-il pour protéger la table et le mur de la cire dégoulinant de la bougie ?
    - mettre qq chose sur la table ? par exemple la pochette d’aubettes … ou la boîte de punaises !
    - garder la bougie éteinte ? il n’est pas précisé que la bougie doive être allumée …
    >> combinons :
    - si l’on commence par fixer la bougie, ça ne marche pas …
    - si on commence par imaginer la protection, par la boîte de punaises, il est beaucoup plus facile d’imaginer de fixer la boîte avec les punaises, plutôt que la bougie ! CQFD

    L’expérience (20 ans de conseil en création de valeur(s) montre que pour dépasser cette ‘fixité fonctionnelle’, le plus efficace est d’exercer la créativité pour chaque besoin séparément, en oubliant les autres : cela ouvra quasi systématiquement à des innovation radicales. Voir par exemple : http://valeursetmanagement.com/innovation-radicale-ronflement-et-pot-dechappement/

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